Forum du Livre – Numéro 50

🔴 La bibliothèque principale de lecture publique de la wilaya de Médéa a accueilli, samedi matin, la docteure Safia Hasnaoui lors d’une rencontre culturelle et intellectuelle intitulée Janvier dans l’imaginaire populaire et la culture agricole, consacrée aux significations de janvier et à sa relation avec la terre et l’agriculture, dans le cadre de la célébration du Nouvel An agraire.

🟥 La docteure a expliqué les racines historiques de janvier, liées à l’imaginaire et à la culture populaires, à travers l’origine de son appellation et son lien étroit avec le calendrier agricole amazigh et les anciennes civilisations d’Afrique du Nord.

🔸 Elle a ensuite abordé la légende de janvier dans le conte populaire, illustrée par l’histoire connue de Janvier et Février et le récit de la vieille bergère. Selon la légende, janvier ne comptait à l’origine que 30 jours et était d’un froid intense. Une vieille femme défia la rigueur de l’hiver en menant ses chèvres paître le dernier jour du mois. Se sentant offensé par son arrogance, janvier emprunta un jour et une nuit à février pour rétablir son autorité, imposant une nuit glaciale à la vieille femme, qui périt avec son troupeau. Cette analyse met en lumière les mythes populaires, le conflit des mois et la manière dont ces récits traduisent la relation entre l’homme et la nature.

🔸 Elle a ensuite présenté les pratiques traditionnelles liées aux célébrations de janvier, telles que l’abattage d’un coq pour l’homme et d’une poule pour la femme, ainsi que la préparation d’un plat composé de sept légumes afin d’annoncer une saison agricole prospère et fertile.

🔸 Elle a également évoqué les coutumes d’hospitalité et les plats spécifiques préparés pour l’occasion, qui doivent être riches. Parmi les traditions figure le fait de placer un noyau de datte dans le plat, puis de le partager entre les enfants ; celui qui trouve le noyau dans son assiette reçoit la clé de la terre et est considéré comme porteur de chance. La célébration comprend aussi le charcham, les rituels de bénédiction de la terre, ainsi que les traditions de visites et d’échanges de vœux qui renforcent la cohésion sociale.

♦ La rencontre s’est conclue par une réflexion sur le patrimoine culturel historique, soulignant la profondeur historique de cette célébration qui remonte à des millénaires, et l’importance de la préserver en tant que partie intégrante de l’identité et de la mémoire collective, ainsi que de sauvegarder les traditions de nos ancêtres qui la célébraient dans l’espoir d’une saison fertile et d’une bonne année.

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